DVD de la semaine : "La Belle époque". Retour dans les seventies !

DVD de la semaine : "La Belle époque". Retour dans les seventies !DVD de la semaine : "La Belle époque". Retour dans les seventies !

Victor, la soixantaine fatiguée, n'a plus de goût à rien. Sa femme Marianne le méprise cordialement, ses amis l'ennuient, son métier de dessinateur de BD ne le passionne plus depuis belle lurette. Un jour, Antoine, le meilleur ami de son fils Maxime lui fait un étrange cadeau : un bon pour un voyage dans le temps. Il a en effet monté une société qui réalise les voeux de clients fortunés en leur permettant de vivre à une époque de leur choix pour rencontrer une célébrité ou une personne de leur passé, ces derniers étant joués par des comédiens hyper briefés. Intrigué, Victor accepte et choisit de revivre le jour où il a rencontré l'amour de sa vie, le 16 mai 1974 à Lyon au café La Belle Epoque...

Après "Monsieur et Madame Adelman", Nicolas Bedos  repasse derrière la caméra pour une comédie douce amère sur la nostalgie et sur les secondes chances que nous offre parfois la vie. Alors que son précédent film pouvait être un peu narcissique et m'as-tu vu, brillant mais un peu trop démonstratif, "La Belle Epoque" s'inscrit dans un registre plus attachant et porte un regard plein de tendresse sur une génération dépassée par la modernité, les technologies 2.0, le nouveau féminisme. Victor, son héros incarné tout en nuances par Daniel Auteuil, est un loser magnifique, râleur et désabusé, qui pense avoir perdu l'amour de sa femme, jouée par Fanny Ardant. Le couple ne partage plus rien et ne s'écoute plus. Elle est tournée vers l'avenir et fait vivre le ménage grâce à son application de séance de psychanalyse à distance alors que lui végète et n'a plus sorti un album depuis un bail, se contentant de tout dénigrer sur le mode "c'était mieux avant".

Le charme du film réside beaucoup sur la reconstitution nostalgique de ces années soixante-dix vues comme un âge d'or, une époque de tous les possibles. Celle où on n'interdisait rien, où l'on pouvait fumer dans les lieux publics, rouler vite sans ceinture, baiser sans préservatif, gueuler contre le gouvernement sans censure et sans crainte de représailles. Un monde révolu qui manifestement fait rêver Nicolas Bedos alors qu'il ne l'a pas connu (c'est plutôt celui de son père, Guy Bedos, l'humoriste) et qu'il magnifie avec une certaine poésie. Les scènes les plus réussies sont celles dans lesquels il imagine les fêtes de cette époque, la liberté d'esprit, la folie débridée de ces seventies, les dialogues qui fleurent bon le Michel Audiard. On se croirait parfois dans un film de Claude Sautet, les acteurs qui jouent dans le café La Belle Epoque fument et picolent, ont tous des tronches de "gens normaux", de cet âge béni d'avant l'invention du selfie. Mais cela n'aurait pas suffi à faire un joli film et si Nicolas Bedos réussit son pari c'est parce que ses personnages sont profondément humains et touchants. La bonne idée de son scénario c'est d'imaginer non pas un mais deux couples en crise, Victor et Marianne mais aussi Margot, l'actrice jouée par Doria Tillier, merveilleuse, et Antoine, le réalisateur tyrannique, campé par Guillaume Canet. Parfaitement maitrisé, toujours surprenant, le film valse d'une réalité à l'autre, du fantasme au présent, et l'on rit beaucoup, surtout des seconds rôles, comme celui de Pierre Arditi entre autres. Pour sa deuxième réalisation, Bedos a particulièrement soigné la lumière et la photo mais aussi la bande son qui nous replonge direct dans les seventies au son de "J'ai dix ans" de Souchon ou de "Baby come back" de Player. 

 

Le film a séduit 1,2 millions de spectateurs et permis à Doria Tillier d'être nommée au César de la Meilleure Actrice. Le DVD sort le 11 mars chez Pathé, précipitez-vous !

 

"La Belle Epoque", de Nicolas Bedos avec Daniel Auteuil, Doria Tillier, Guillaume Canet, Fanny Ardant et Pierre Arditi (1H50) Pathé Orange Studio, 16,99€

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Personnaly © 2014 -  Hébergé par Overblog