Carnets de Chine 1. Pékin, la Grande Muraille

Carnets de Chine 1. Pékin, la Grande Muraille
Carnets de Chine 1. Pékin, la Grande Muraille

La Chine, on en rêvait, depuis un voyage de presse express il y a 19 ans où nous n'avions vu qu'un infime morceau de ce pays immense qu'est l'Empire du Milieu. Après plus de dix heures d'avion, nous atterrissons à Pékin, Beijing. Pensez qu'en 1966, Dutronc chantait "700 millions de Chinois, et moi et moi et moi..." Un demi siècle plus tard, la population a explosé, carrément doublé pour arriver à  1,4 milliards d'âmes, dont 21,5 millions rien qu'à Pékin. Dès notre arrivé, notre guide francophone nous emmène directement sur la Place Tiananmen sans même passer par notre hôtel puisqu'il est trop tôt pour le checking in. Jetées au milieu de la mêlée, nous découvrons tout de suite ce qui fait la Chine : une population vibrante, bruyante, volubile, joyeuse, curieuse. C'est ce qui nous frappe tout de suite: la multitude ! Les Chinois, nous allons l'apprendre pendant ce séjour de quinze jours, sont les plus grands touristes du monde, ils visitent tous les monuments de leur pays, en masse, en famille, en groupe, suivant leur guide armé d'un drapeau flottant au vent, parfois une poisson koi bariolé. Ils débarquent avec leurs paniers de pique-nique ou leurs sièges pliables pour les personnes âgées et rien ne les arrête, ni les bousculades, ni le files attente de plusieurs heures pour entrer dans les monuments. Habitués à devoir jouer des coudes pour avancer, les Chinois n'ont pas le sens de l'intimité comme nous Occidentaux. Si vous vous trouvez sur leur trajectoire, ils vous bousculeront un peu sans s'excuser car ce n'est pas dans leur tradition, leur éducation. Par ailleurs, dès notre premier jour en Chine, nous voyons les habitants nous dévisager étonnés ou goguenards, ils se poussent du coude, nous montrent du doigt, rigolent. Ici, nous sommes vraiment une espèce rare. pendant tout notre périple, nous croiserons très peu d'Occidentaux. Du coup, les habitants sont très intrigués par nous, et de surcroit, deux femmes, ils se posent des questions. Comme nous ne connaissons par leur langue, à part quelques phrases baraguinées en mandarin que nous avions appris il ya quelques années avec une étudiante taïwanaise, il nous reste une seule possibilité pour entrer en contact avec eux: le langage gestuel. Une fois qu'on a prononcé les mots rituels "Women do Che fakouo ren : " Nous sommes Françaises", ils se dérident, rigolent et tentent de discuter. Ils sourient beaucoup, ont l'air toujours de bonne humeur, pourtant, sou allons le découvrir , leur vie est loin d'être facile.... 

Jour 1:

La Place Tiananmen, célèbre pour abriter le mausolée de Mao et pour avoir été le théâtre de des répressions en 1989, n'a rien de très engageant. Certes, elle est immense, c'est la quatrième plus grande place du monde, elle couvre 50 hectares et elle peut accueillir dix millions de personnes mais depuis les évènements de 1989, les rassemblements sont réglementés, les drones sont interdits tout comme les cerfs volants... Du mouvement des étudiants, ouvriers et intellectuels réclamant  en 1989 plus de démocratie et moins de corruption, et des massacres qui en résultèrent, notre guide ne nous dira pas un mot. Selon les sources, le nombre de morts varie de 241 selon le gouvernement chinois à 7.000 selon l'OTAN. Une différence de taille ! malgré le temps très gris et la pluie et le vent, des milliers de Chinois sont venus se prendre en photo ou faire la queue pour observer la dépouille embaumée du Petit Père du Peuple. Il y a 19 ans, nous avions eu la chance de visiter le mausolée sans trop faire la queue. Il faut abandonner son sac et ses affaires au guide, faire la queue puis on n'a pas le droit de s'arrêter devant le coffre vitré qui abrite Mao, un peu comme pour les bijoux de la couronne britannique... Nous admirons avec amusement les touristes qui s'achètent un chapeau à étoile rouge ou des écolières qui marchent au pas derrière leur maitresse... Partout, des haut parleurs qui incitent à faire attention à ses affaires ou des guides qui rameutent leurs touristes dans un balai effréné...

Jour 2:

Le lendemain, direction la grande Muraille. Il y a 19 ans, nous étions allées à Badaling, le lieu le plus touristique et le plus proche de la capitale à une heure de route. Mais désormais, il est devenu engorgé! Notre guide nous montre une vidéo sur laquelle on voit des gens serrés comme des sardines sur la Muraille qui fait pourtant 4 à 5 mètres de largeur comme dans le métro aux heures de pointe! Une marée humaine sur des kilomètres! Du coup, trois autres sites sont proposés à la visite. Nous allons à Mutanyu qui a été aménage avec un téléphérique, un télésiège et même une sorte de luge pour la descente! La Muraille fait quelque 6000 kilomètres de long mais contrairement à la légende, on ne la voit pas de l'espace, elle n'est pas assez large pour ça. Pour notre visite, le soleil est là, le temps un peu frais dans la matinée, idéal pour monter les 1000 marches de l'escalier sous les pins. Inutile de vous dire qu'après ça, on est crevées une fois en haut et on ne parcourt pas la muraille autant qu'on l'aurait souhaité. cette portion est bien conservée et bien restaurée, il parait que le mortier contenait du riz gluant et que ce serait le secret de sa solidité.... Des milliers d'ouvriers ont péri en construisant cet ouvrage de fou qui, au final, n'aura pas vraiment servie à protéger les Chinois des Mongols. A Mutanyu, les perspectives sont très belles mais si vous avez l'occasion d'aller en Chine, demandez à visiter le site de Simatai, plus loin donc presque déserté. Si vous vous y rendez tôt le matin, vous pourrez faire des photos seuls ou presque!, un privilège exceptionnel! 

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