Le retour de "La Haine" !

Le retour de "La Haine" !

25 ans déjà que le film de Mathieu Kassovitz est sorti sur nos écrans et pourtant, il colle parfaitement à l'actualité !  Il avait fait l'effet d'une bombe en 1995, avait raflé le Prix de la mise en scène à Cannes et 3 Césars dont celui du meilleur film, le revoici en version restaurée le 5 août. Son sujet, les violences policières et la réaction de jeunes de banlieue, est au coeur des débats et pourrait bien refaire polémique après l'affaire George Floyd et Adama Traoré. En plein mouvement #BlakLivesMatter, il devrait en tout cas alimenter les discussions....

  • "C'est l'histoire d'un homme qui tombe d'un building de 50 étages. A chaque étage, au fur et à mesure de sa chute, il se répète pour sans cesse se rassurer : "Jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien..."

Le film raconte les pérégrinations de trois jeunes de banlieue, Vinz, Hubert et Saïd, au lendemain d'émeutes provoquées par une bavure policière. Un jeune de la cité, Abdel, est dans le coma après avoir été blessé par un policier, Vinz veut le venger et en découdre avec les flics, Hubert est adepte de la non violence, Saïd est plutôt attentiste. On va les suivre pendant 24 heures, assister à leurs divagations et à la montée de la violence, à l'enchainement inéluctable des situations qui va les mener jusqu'au drame, fatal...

A l'époque, le réalisateur Mathieu Kassovitz s'était inspiré d'une histoire vraie, qui fait froid dans le dos : le 6 avril 1993, un jeune Zaïrois de 17 ans, Makomé M'Bowolé, avait été tué par un policier d'une balle en pleine tête tirée à bout portant pendant sa garde à vue. L'inspecteur Pascal Compain prétendait avoir juste voulu l'intimider avec son pistolet. Kassovitz s'était rendu à la manifestation en hommage au défunt et avait été malmené par les CRS qui tentaient de disperser la marche de protestation. Choqué, il avait tout de suite après contacté son producteur Christophe Rossignon pour monter un film à partir de ce fait divers tragique.

Novateur, le film possédait un ton cash décomplexé, montrait une réalité jamais vue au cinéma et faisait parler les jeunes des cités avec leur vocabulaire, leur phrasé, leur culture, sans chercher à édulcorer ou à être accessible à tous les publics. Le réalisateur s'était d'ailleurs battu avec des distributeurs qui souhaitaient sous-titrer le film et il avait refusé l'avance sur recettes du CNC qui lui demandait de réécrire les dialogues. La façon de filmer, hyper punchy, l'esthétique noir et blanc et certaines répliques devenues culte vont faire date. "La Haine" va marquer toute une génération en révélant de jeunes talents comme Vincent Cassel, Hubert Koundé et Saïd Taghmaoui.

 

 

"La Haine" le 5 août au cinéma en version restaurée

Un DVD collector avec des bonus inédits sortira en novembre 2020

Le livre "Jusqu'ici tout va bien", éditions Clémentine de la Ferronnière, 39€

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Personnaly © 2014 -  Hébergé par Overblog