La zone d'intérêt, le DVD du jour. Incontournable
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LA ZONE D'INTÉRÊT - Bande-annonce officielle
Un film de Jonathan Glazer avec Sandra Huller et Christian Friedel. Au cinéma le 31 janvier. Le commandant d'Auschwitz, Rudolf Höss, et sa femme Hedwig s'efforcent de construire une vie de rêve ...
De quoi ça parle : Rudof Höss est commandant du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Il s'est installé avec sa femme Hedwig et leurs cinq enfants dans une maison située juste derrière les murs du camp. Tandis que les cheminées des fours exhalent leurs fumées noires en permanence et que le cris des prisonniers retentissent en toile de fond sonore, la petite famille coule des jours heureux, entre baignade dans la piscine et pique-nique joyeux.
Ce qu'on en pense : Comment montrer l'immontrable, l'insoutenable ? Comment exprimer, raconter , faire ressentir la Shoah dans toute son horreur ? Les réalisateurs se sont souvent confrontés à ce sujet tabou et impossible par excellence et l'extermination des Juifs par les nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale a souvent été abordée au cinéma avec plus ou moins de réussite ("Le fils de Saul" de Laszlo Nemes reste pour nous un des films les plus forts, d'autres comme Roberto Begnini ont choisi l'humour avec "La vie est belle" ). La difficulté majeure : comment éviter de banaliser ou de glamouriser ? Jonathan Glazer a choisi une façon inédite de traiter la Shoah par le hors champ. L'horreur n'est jamais explicitée, jamais montrée mais elle est constamment présente hors cadre, derrière les murs, par une bande son terriblement anxiogène. Le vrombissement perpétuel des fours crématoires accompagne la vie de cette famille "presque ordinaire". Et l'horreur suinte de partout. Dans l'attitude de la mère qui essaie un manteau de fourrure confisqué aux Juifs, dans l'innocence des enfants qui jouent avec des dents, dans l'indifférence de Höss, le SS chargé d'éliminer au plus vite et à moindres frais les prisonniers. De ces derniers, on n'entend que quelques cris parfois, une rébellion vite matée, un riff de mitraillette, quelques gémissements, la rumeur des fours, toujours. Le malaise nous oppresse tout du long du film, nous étreint, nous écoeure, jusqu'à ces plans finaux sur le musée d'Auschwitz et ses montagnes de chaussures, ses chambres à gaz, ses photos en noir et blanc... Certains critiques ont reproché à Jonathan Glazer d'être passé à côté de son sujet ou même, de laisser le champ libre aux négationnistes puisque la Shoah ne se voit pas ici... Il nous semble quant à nous que le réalisateur s'adresse à un public averti et ne cherche pas à convaincre ou à enseigner, finalement, son sujet, c'est surtout de montrer des monstres dans toute leur banalité.
A vous de vous faire votre opinion, ce film incontournable et nécessaire ne pourra de toutes façons pas vous laisser indifférent, surtout dans le contexte troublé que traverse notre pays...
"La zone d'intérêt" de Jonathan Glazer d'après le romande Martin Amis, avec Christian Friedel et Sandra Hüller, Blaq Out, 19,99€



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