Le successeur, le thriller oppressant de l'été !
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De quoi ça parle : Ellias vient d'atteindre la consécration : il est devenu le nouveau directeur d'une maison de haute couture après la mort de son créateur. Pourtant, il ressent de plus en plus souvent des crises de panique qui l'oppressent. Ca ne s'arrange pas lorsqu'il apprend la mort de son père avec lequel il est en froid depuis 20 ans. Alors qu'il doit se rendre au Québec pour gérer l'enterrement et la succession, il va faire une terrible découverte dans la maison du défunt...
Ce qu'on en pense : Anxiogène ! Etouffant ! Glaçant ! Irrespirable ! On a démarré ce deuxième film de Xavier Legrand sans rien savoir du pitch et ce fut un vrai choc ! On avait adoré son premier long métrage, "Jusqu'à la garde", film sur les violences conjugales qui avait valu à Léa Drucker un César de la meilleur actrice et on savait le réalisateur habile à faire monter la peur et à créer un climat de tension extrême. Ici, on a été servies ! Après un prologue un peu long et intrigant sur un défilé de mode, le metteur en scène prend son temps pour nous montrer le quotidien d'Ellias, jeune couturier promis à un grand avenir. C'est une fois au Québec, son pays natal que les choses basculent et que le film plonge peu à peu dans le thriller. Mais attention, ce n'est pas à un polar classique qu'on a affaire là, plutôt à une sorte de film d'horreur psychologique. Pas de débauche de violence et de flots d'hémoglobine mais bien pire... Toute l'horreur est en marge du cadre et le réalisateur retarde au maximum la vision terrible que va avoir Ellias dans la cave de la maison de son père... On a passé notre temps à s'interroger, à se ronger les ongles jusqu'aux coudes, à frémir de peur puis de dégoût. Xavier Legrand a réussi là une vraie gageure car tout fonctionne avec des effets minimalistes savamment dosés et une interprétation hors pair de Marc-André Grondin, excellent et Yves Jacques, grand acteur québécois ! Mention spéciale aussi à la musique de Sébastian Akchoté qui installe d'emblée un malsain pulsatif. Outre la tension perpétuelle admirablement maitrisée, le film parle d'héritage et de filiation, de culpabilité et de non-dits. Adapté librement d'un roman d'Alexandre Postel, "L'ascendant", le film surprend de en bout en bout. Même en tant que thrillers addicts, habituées aux twists et aux coups de théâtre les plus fous, on n'avait absolument pas vu venir les rebondissements finaux, ahurissants. Comme "Prisoners" il y a quelques années, "Le successeur" devrait faire date dans l'histoire des thrillers. Un film novateur d'une grande force émotionnelle !
"Le successeur" de Xavier Legrand, avec Marc-André Grondin et Yves Jacques, 1H52, Blaq Out, 19,99€



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